HER : UN PEU, BEAUCOUP, PASSIONNEMENT… VIRTUELLEMENT.

© www.focusfilm.co.uk


« Le cœur a ses raisons que la raison ignore », dit le fameux dicton. « Her » arrive sur nos écrans avec la ferme intention de lui donner une nouvelle forme. L’histoire dans laquelle s’engouffre Theodore Twombly n’a pratiquement rien de ce que l’on vit aujourd’hui. Spike Jonze illustre la possibilité d’aimer autrement, différemment. Oui, mais comment ?
Un Los Angeles futuriste aux allures de mégalopole asiatique comme toile de fond. Une ambiance presque spatiale. Des protagonistes habillés de lignes aussi pures qu’abstraites, autant droites que simples. Les couleurs vacillent du pop au pastel : une modernité aux accents passés.
© www.spin.com


En pleine reconstruction après la désillusion d’un mariage et de rendez-vous ratés, notre héros moustachu se cherche. Le monde qui l’entoure est encore plus dépendant à la technologie que maintenant. Nos smartphones semblent bien loin.
Et puis l’apparition d’un logiciel chamboule sa routine. Il se laisse aller, intrigué par cette voix suave emplie d’humour (de Scarlett Johansson). Un charme difficilement détectable apparaît pour donner naissance à cette idylle moderne. La voix de Samantha prend possession de l’espace de Theodore et guide son quotidien comme pour lui donner un souffle nouveau. Mais très vite la barrière du virtuel entre en jeu. L’amour spirituel ne cesse de s’élever, le désir aussi. Comment l’assouvir ? La problématique de l’amour charnel est mise à mal par la situation. Mais chut ! J’en ai déjà trop dit. Le but n’est pas de vous raconter cette jolie histoire, plutôt de vous donner envie d’aller la voir.
L’intérêt est entier. Spike Jonze aborde l’un des sujets les plus traités de l’Histoire : l’amour. Ceci dit, j’ai envie d’y voir autre chose. J’ai envie de voir combien les relations humaines sont paradoxales, combien dans un futur proche la technologie sera omniprésente autour de nous et en nous. J’ai envie de voir la complexité de la vie et pourquoi pas, à plus grande échelle, la philosophie.
Spike Jonze signe, avec « Her », un récit atypique. Joaquin Phoenix fait baigner son personnage dans une sphère emplie d’humour, de mélancolie, de joie, d’amour et de tout autre sentiment que la vie nous amène à éprouver. Le scénario, le jeu et la réalisation de « Her » forment un tout. Un tout qui n’est pas sans rappeler un univers poétique que Spike sait peser. Je fais référence ici à l’adaptation du conte pour enfants de Maurice Sendak, « Where The Wild Things Are »,  qu’il avait réalisé en 2009. Il crée des bulles intemporelles, des mondes aux frontières du notre qui ont cette atmosphère supplémentaire qui les élève.
Les cinq nominations aux Oscars n’y sont pas pour rien. Mon article élogieux non plus. « Her » est une belle réalisation qui mérite d’être vue, ne serait-ce que pour les questionnements qu’elle suscite. Foncez au cinéma vous faire votre propre idée, il est en salle depuis le 19 Mars !

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire