INTERVIEW BALLA NIANG



Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis né au Sénégal il y a 35 ans, dans une famille de musiciens. J’ai réellement commencé à jouer à l’adolescence et appris tous les rythmes traditionnels de la culture mandingue, ce qui me permet aujourd’hui de jouer avec tout le monde.

Selon toi, en tant que représentant d’une nouvelle génération de percussionnistes, as-tu apporté du nouveau à votre tradition familiale ? Qu’est-ce qui te distingue de tes mentors ?
Très à cheval sur la tradition, je fais tout pour la perpétuer grâce aux connaissances ancestrales transmises de génération en génération. J’aime néanmoins la création et me lance avec mes frères dans des mélanges de styles où chacun apporte sa sonorité.
J’ai été deuxième soliste du ballet du Sénégal il y a 15 ans de cela. J’ai formé de nombreux batteurs dans différents pays d’Afrique de l’Ouest. J’ai également fait parti de beaucoup de groupes, ce qui m’a permis de faire le tour du monde au moment où j’étais en plein essor : j’ai ainsi pu jouer aux Etats-Unis, au Japon, en Australie, en Suède et en Finlande, et à de nombreuses reprises au Mali, au Sénégal (notamment pour le président), en Cote d’Ivoire, au Bénin…
Mes influences : Soungalo Coulibaly, maitre djembéfola, ou encore la famille Keita.
Contrairement à beaucoup de percussionnistes qui jouent uniquement les rythmes de leur pays, je connais la plupart des rythmes de tous les pays d’Afrique Noire, ce qui me distingue de mes mentors.

Tu tiens l’association « Samake Kunda » avec tes frères. Elle conjugue vos cultures, vos pays d’origines et d’adoption (Sénégal, Mali, France)… Peux-tu nous en dire plus ? Comment vous est venue l’idée de ce projet ?
Après avoir joué dans de nombreux endroits, mes frères et moi nous sommes installés à Lyon pour partager notre culture avec les Français intéressés par l’Afrique. C’est là que l’idée de créer une association nous est venue : Samake Kunda est née il y a dix ans, et fait danser toujours plus de gens.

Ce lien que vous entretenez entre la France et le Sénégal vous permet d’avoir un regard alterné intérieur-extérieur sur les deux…
Effectivement, toute ma famille est au Sénégal, mais ma rencontre avec un de mes derniers élève « toubab » (Blanc) m’a conforté dans ma volonté de continuer à transmettre mon savoir aux amoureux du djembé, peu importe leur couleur. Bruno veut devenir un grand djembéfola, et je sens qu’il aime le djembé plus que tout. Je suis prêt à lui révéler mes secrets pour qu’on montre au monde qu’il n’y a pas de frontières quand on parle de musique.

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