IL N'EST (TOUJOURS) PAS BON D'ÊTRE UNE MINISTRE EN FRANCE

© Patrick Kovarik
Où en sont les derniers caquètements de la basse-cour des phallocrates ? Après Cécile Duflot, Laurence Rossignol, Véronique Massonneau ou Rachida Dati, ils ne sont pas en reste.
En 2013, Hugues Foucault, un élu des Républicains, tweetait que Najat Vallaud-Belkacem « suçait son stylo très érotiquement ». Un an après, Franck Keller, lui aussi Républicain et profondément misogyne, n’a rien trouvé de plus innovant que de justifier le poste de la ministre de l’Education nationale par ses atouts physiques. Comprenez qu’une femme ne peut décemment atteindre un poste supérieur à celui d’un homme grâce à ses compétences intellectuelles ! Non, au 21e siècle, une femme reste une enveloppe de chair et d’os dénuée de neurones.
Ce 6 Novembre, Jean-Paul Brighelli angle son article du Point sur « les dessous chics de la réforme du collège ». Dans un élan de culture, Mr Brighelli compare le concept de la « Ligne Visible du Slip » que Woody Allen aborde dans Annie Hall, à la « Ligne Visible du Soutif ». Najat Vallaud-Belkacem a, en effet, laissé entrevoir un peu de dentelle dans l’hémicycle. D’après cet essayiste fin, son soutien-gorge, son rouge à lèvres et ses boucles d’oreilles n’étaient qu’une farce, une stratégie de communication. Même si ce fut le cas, pourrions-nous en rester à sa fonction politique en prétendant l’analyser à travers son décolleté ?
Il en faut peu pour échauffer les esprits machistes – du moins les deux grains de sel qui s’y battent en duel. Animés par des troubles de l’égo ou motivés par un complexe d’infériorité, ces politiciens et autres pseudo-intellectuels m’agacent réellement. Ce sont ces mêmes énergumènes que l’on retrouve dans les transports ou dans la rue, et qui nous aguichent en pensant nous flatter. A ceux qui le nient, la campagne contre ce harcèlement quotidien lancée hier même est une piqûre de rappel. De « Mademoiselle ! » à « sale chienne ! » il n’y a qu’un pas, que je sois étudiante ou qu’elle soit ministre. 
Un regard peut déjà déranger, alors qu’ils ne s’étonnent pas quand des mots mal pensés génèrent ce féminisme qu’ils ne comprennent ni ne tolèrent. Si ce mouvement existe face au sexisme, c’est que ce type de raisonnement est aussi bas que le caleçon de ces messieurs (non, il n’y a pas que leurs inepties qui louchent vers le sol !). L’égalité sera en marche quand ces hommes sauront flatter leur appétit de supériorité autrement. Sans rabaisser sa collègue sous le prétexte primitif de ses attributs physiques, notamment.

JASER OU TIRER : LE DILEMME TENDANCE DES POLICIERS AMERICAINS

© Levon Biss
Quelle est le point commun entre un Noir Américain et l’Entertainment pour un policier Blanc aux Etats-Unis ? Ils sont tous les deux faciles à viser. La dernière frasque de la police étasunienne n’est pas de tuer lâchement tout ce qui contient un peu trop de mélanine. Non, tirer sur des Afro-Américains, c’est devenu mainstream. La tendance est à l’intellectualité. Prenons Quentin Tarantino, ce réalisateur à la catharsis un peu trop développée. Il paraît que faire des films où les criminels sont cool, c’est pas bien. Il paraît même que manifester contre l’injustice et ces meurtriers de policiers, c’est carrément pas bien du tout.
Car oui, Tarantino a eu la dignité de dénoncer les assassinats incessants et infondés perpétrés par ceux qui sont censés réduire la criminalité pour mieux faire régner la justice. Samedi 24 Octobre, il a participé à une énième manifestation a parcouru les rues new-yorkaises au nom du droit d’exister au-delà de sa couleur de peau.
Parmi les policiers qui appellent au boycott de ses films, le responsable du principal syndicat des policiers de New-York, Patrick Lynch, affirme que « ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers ». Bravo Mr Lynch, CQFD.
Apparemment, il faut être adepte du Mal pour dénoncer les gardiens de la justice. Rassurons-nous, leur statut est gage de leur intégrité ! Permettez-moi de dire qu’avant d’être des policiers, ce sont des êtres humains. Et avant d’être des humains, ils sont profondément racistes. Peu importe l’uniforme que prennent le crime et la violence, la profession n’excuse pas les agissements.
Face à ces propos, je vais faire simple, pour m’abaisser au niveau de réflexion de Mr. Lynch : 
1) un film est une fiction ou un fait réel romancé. Autrement dit, chacun est libre de l’interpréter, et Mr Lynch a l’air d’avoir compris la démarche. Sauf que sa bêtise flurte avec une propagande infondée.
2) dans la vie, y a des gentils et des méchants. Il se trouve que les méchants de Tarantino sont très méchants et ont une relation fantasmagorique avec le sang. Un peu comme les collègues de Mr Lynch, au final. Sauf que ces policiers ne comprennent pas qu’il n’y a aucune comparaison à faire entre la réalité et la fiction. Et c’est ce qui m’agace profondément. Ils attirent l’attention quand leur racisme appuie un peu trop sur la gâchette. Voilà qu’ils prennent un cinéaste empli du discernement qu’ils n’ont pas comme bouc émissaire. Chassez la lâcheté, elle revient au galop.